En dérive autour de la norme : le livre objet

En dérive autour de la norme : la performance photographique

En dérive

Dérive littéraire, photographique et performative autour de la norme

Avec Jeanne Benichou et Zoé Burns-Garcia

Dans le cadre du DESS en Design d’événements

2019-2020

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Trois complices se rassemblent pour partir en expédition. Après des mois de préparatifs, il est temps qu’elles passent à l’action.

Elles deviennent personnages. Mettre entre elles et le monde une distance raisonnable leur donne un sentiment de protection, de puissance aussi. Elles s’arment de beige. C’est élégant, le beige. Ça ne choque personne.

Il y a le tube aussi, leur quatrième mousquetaire. Objet sans usage bien défini, il est facilement manipulable. Il s’est laissé convaincre de faire partie de l’aventure sans aucune résistance. Il n’est pas très bavard. Il parle surtout par métaphores. Ça peut sembler irritant, mais c’est justement pour cette qualité que les complices l’ont recruté. Elles le mettent en scène. Elles trouvent que c’est un acteur extraordinaire. Non seulement il est coopératif, mais il sait très bien occuper l’espace par sa seule présence, lui donnant des significations nouvelles. Pour qu’il attire davantage l’attention, elles le fardent de rouge. Comme ça, il contraste bien avec le ciel, la neige, le végétal. Il se détache harmonieusement des paysages.

Des paysages, un objet, des complices. Mais où s’en va cette histoire?

Pour comprendre où l’on va, il faut comprendre d’où l’on vient. Les complices reviennent d’une dérive théorique autour de la norme. Elles ont recherché des rythmes d’existence différents,  en ont inventorié des formes.

Elles savent maintenant que tout est une question de regard.

On va où maintenant que les actes doivent suivre les mots? Dans l’abondance de discours moralisateurs, mais aussi de stories Instagram « inspirantes », où se positionner, en tant que citoyennes, mais aussi en tant que designers? Quoi dire, mais surtout comment le dire?

Elles ont décidé de s’abandonner à l’imagerie. La dérive théorique alimente celle, réelle, des complices dans le paysage. Leur série d’actions est une exploration méta-poétique, qui suggère un recul par rapport au cadre habituel, souvent questionné, mais rarement transgressé. C’est un peu du réalisme magique.

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